Réparer le transport en commun commence par réparer la rue Rideau
Ce qui suit est un article d’opinion rédigé par Casey Callahan et Nick Grover – FREE TRANSIT OTTAWA:
La rue Rideau a la réputation d’être achalandée, chaotique et congestionnée. Bon nombre d’entre nous ont accepté cette frustration comme une fatalité de la vie au centre-ville. Mais il n’en est rien, et la laisser dans son état actuel nuit à la fiabilité du transport en commun dans toute la ville.
La rue Rideau est une artère de transport en commun qui accueille une demi-douzaine de lignes de bus essentielles (les numéros 6, 7, 12, 14, 15, 17 et 18). Cependant, comme le sait quiconque emprunte le bus, se déplacer sur cette artère est un véritable parcours du combattant, et il faut une éternité pour aller d’un bout à l’autre. Par conséquent, un bus transportant cinquante personnes se retrouve bloqué dans la circulation derrière cinquante voitures qui transportent le même nombre de passagers. Ce n’est pas une façon efficace de se déplacer.
L’instauration d’une priorité pour les transports en commun est plus que nécessaire. Cela implique de réserver une voie dans chaque direction à l’usage exclusif des bus. C’est un moyen simple, économique et efficace de permettre aux bus d’éviter le trafic pour arriver à l’heure et selon l’horaire prévu.
Le manque de fiabilité est l’un des pires problèmes qui affligent OC Transpo. Les lignes les plus achalandées de la ville ont plus de cinq minutes de retard 40 % du temps. En revanche, les villes qui ont mis en place des voies réservées aux bus ont réduit leur temps de trajet de manière significative : d’environ 20 % au total, et deux fois plus pendant les heures de pointe. (Idéalement, combiné à la « priorité aux feux de circulation », une technologie de capteurs qui donne aux bus un feu vert devancé s’ils attendent à l’intersection.)
Le comble, c’est que la rue Rideau possède déjà des voies réservées aux bus, d’une certaine façon. Le fait qu’elles ne soient en vigueur que de façon temporaire (de 6 h à 9 h 30 et de 14 h 20 à 18 h en semaine) entraîne deux conséquences. Premièrement, les bus doivent tout de même slalomer entre les voitures stationnées l’après-midi et en soirée, tandis que les usagers subissent une circulation horrible les fins de semaine. Deuxièmement, leur caractère temporaire fait qu’elles ne sont même pas très efficaces aux heures de pointe, probablement parce que les consignes se perdent dans une multitude de panneaux de signalisation aériens. Les voitures roulent et se stationnent constamment dans les voies réservées aux bus.
L’une des meilleures choses que la ville puisse faire immédiatement est de peindre ces voies en rouge afin que tous les usagers de la route sachent à quoi elles servent et que les voitures ne s’y aventurent pas. San Francisco a mesuré l’impact de ce changement simple et a constaté des centaines d’infractions en moins de la part des automobilistes.
Des voies réservées aux bus permanentes, 24 h sur 24 et 7 j sur 7, voilà la solution. Le compromis, c’est qu’un nombre relativement faible d’automobilistes perdent des places de stationnement sur rue en échange d’un transport en commun plus rapide et fiable qui relie les gens au reste de la ville.
Mais est-ce que la réduction du nombre de voies va aggraver la circulation? Les voitures qui ralentissent pour se garer sont probablement pires à cet égard, mais si l’on adopte une vision à long terme, on constate qu’un transport en commun fonctionnel signifie une plus forte achalandage, puisque les gens choisissent de ne pas prendre leur voiture au départ.
Qu’en est-il des petits commerces qui dépendent du stationnement sur rue? Des recherches démontrent que les bus sur une voie réservée peuvent amener trois fois plus de personnes dans un secteur que la circulation mixte; il y a donc là une immense opportunité pour l’économie locale.
À l’heure actuelle, la plupart des gens conduisent parce qu’OC Transpo n’est pas une option viable. Plus le maire et le conseil municipal tarderont à remédier à l’état lamentable du service de bus d’Ottawa, plus la circulation, les émissions, la pollution atmosphérique et les maux de tête liés aux déplacements s’aggraveront.
Le 26 octobre, c’est l’élection municipale. Demandons ce petit changement, mais ô combien significatif, dans notre propre cour pour que le transport en commun se remette en mouvement.